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GLACIATIONS ET
INTERGLACIATONS
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2ème PARTIE
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LE
CLIMAT ET LA DERIVE DES CONTINENTS
Les événements majeurs
tectoniques peuvent totalement bouleverser le régime
des températures. Selon la disposition des continents
et des océans, le flux de chaleur que lon
mesure à la surface de la planète et qui
traduit lintense activité interne du globe
varie totalement. Les échanges thermiques assurés
par les courants marins
en seront entravés d'autant, au profit de la glaciation.
La calotte antarctique, par exemple, n'aurait commencé
à se former que lorsque le continent se serait
trouvé suffisamment éloigné du Sud
de l'Amérique et de l'Australie pour permettre
l'établissement d'un courant froid tout autour
du continent antarctique, l'isolant thermiquement.
Pour les glaciations très anciennes, il faut
tenir compte de la dérive des continents, qui joue
un rôle essentiel.
A l'échelle de dizaines de millions
d'années, la position des continents change. Il
y a environ 200 millions d'années, tous les continents
étaient rassemblés en un supercontinent,
la Pangée. Ils se sont séparés ensuite
et ont dérivé vers leur position actuelle
à la vitesse de quelques centimètres par
an. Il y a 250 millions d'années, par exemple,
au Carbonifère, l'Amérique du Nord et l'Europe,
alors proches de l'équateur, connaissaient un climat
chaud et humide favorisant le développement d'une
végétation de type tropical, à l'origine
des réserves de charbon largement exploitées
aux XIXe et XXe siècle. On a découvert,
des traces de glaciation au Sahara datant de l'Ordovicien,
c'est-à-dire environ 450 millions d'années,
car le Sahara se trouvait proche du pôle Sud, d'après
les mesures paléomagnétiques.

L'évolution des plaques
d'il y a 550 millions d'années à aujourd'hui
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HISTORIQUE
DES GLACIATIONS
ET INTERGLACIATIONS
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Le retour plus ou moins régulier
des périodes glaciaires est l'une des caractéristiques
principales de l'histoire de la Terre. La plus récente,
la glaciation quaternaire, a vu l'apparition de l'homme,
dont l'évolution ne peut être dissociée
de son environnement géologique et climatique.
D'après l'aspect de certains
dépôts et la nature de certaines roches,
les géologues ont pu identifier huit grandes
périodes glaciaires. La plus ancienne connue
remonte au précambrien, il y a environ 2,30
milliards d'années et 2,70 milliards d'années,
à une époque où n'existait qu'un
seul continent, le Gondwana.
C'est il y a 2,30 milliards d'années
et entre 600 et 800 millions d'années que les
glaciations ont été les plus importantes.
La Terre était entièrement glacée
jusqu'à l'équateur et les océans
gelés peut être jusqu'à 1000 mètres
de profondeur.
Même si les témoignages
sont peu nombreux, d'autres périodes glaciaires
sont intervenues à des intervalles de temps assez
réguliers. Les glaciations, qui ont modifié
l'environnement, ont influencé l'évolution
de la vie. Ainsi, la glaciation du carbonifère
(vers -280 millions d'années ) semble avoir entraîné
d'importantes modifications dans la vie végétale,
comme l'atteste l'observation des fossiles : les calamites
(sortes de prêles fossiles ), si abondantes dans
les dépôts houillers, ont alors presque
complètement disparu. Cependant, les témoins
des grandes périodes glaciaires sont difficiles
à retrouver sur les terrains géologiques,
et la plupart de nos connaissances résultent
des travaux réalisés sur la dernière,
celle qui vient de se produire, et dont on peut retrouver
facilement les traces.
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Le «petit âge glaciaire »,
qui a marqué l'Europe occidentale entre 1550 et
1850, correspond à une extension de la banquise
Arctique (sur la Terre de Baffin ) et à une avancée
des glaciers en montagne. Auparavant, l'Europe du Nord,
le Canada et, semble-t-il, l'Asie orientale ont connu
un épisode chaud entre 900 et 1000 : c'est l'époque
de la conquête du Groenland (le «pays vert
», où les Vikings cultivèrent des
céréales ).
Des archives historiques ou commerciales,
des peintures de l'époque témoignent d'hivers
rudes et enneigés. Le paroxysme de froid est atteint
entre les années 1570 et 1730. En Savoie, on organise
même des processions dans l'espoir de conjurer l'avancée
des glaces.
Cet épisode froid reste encore
mal compris. Plusieurs mécanismes ont été
proposés sans qu'aucun n'emporte l'adhésion
de l'ensemble de la communauté scientifique. Une
diminution du transport de chaleur vers l'Atlantique Nord
par le Gulf Stream
pourrait fort bien être à l'origine du refroidissement
que subit l'Europe pendant plusieurs siècles au
cours du petit âge glaciaire. Les
éruptions volcaniques semblent également
avoir été plus fréquentes. De telles
éruptions entraînent la formation de micro-gouttelettes
d'acide sulfurique, qui réfléchissent très
efficacement les rayons lumineux et provoquent un refroidissement
sensible de la surface de la Terre. Néanmoins,
l'influence des éruptions volcaniques sur le climat
se limite généralement à un refroidissement
de relativement courte durée, excédant rarement
quelques années : il semble difficile d'expliquer
ainsi un refroidissement global de plusieurs siècles.
Un autre mécanisme souvent évoqué
est la diminution de l'activité
et du rayonnement solaires. Dans la deuxième
moitié du XVIIème siècles, les observations
disponibles montrent une disparition presque totale des
taches solaires pendant une période de plusieurs
décennies, au moment même où le climat
connaît un net refroidissement.

Le refroidissement du petit âge
glaciaire est cependant bien modeste en regard des grandes
glaciations qu'ont connues les hommes de la préhistoire.
L'existence des glaciations est restée très
longtemps ignorée. Il n'existe que la géologie
qui puisse apporter des preuves indirectes des glaciations
passées. Les énormes calottes de glace qui
recouvraient le Canada et la Scandinavie au cours de la
dernière glaciation ont laissé des marques
de leur présence, comme des stries gravées
sur le socle rocheux ou d'anciennes vallées glaciaires
façonnées en forme d'auge. Elles ont également
charrié d'énormes blocs de pierre jusqu'à
des centaines de kilomètres de leur lieu d'origine,
les abandonnant sur place lors de la fonte des glaces.
La dernière grande glaciation
a débuté il y a environ 110_000
ans, jusqu'à atteindre son paroxysme il y a 20_000
ans avant de disparaître complètement il
y a 10_000 ans. Le
niveau moyen de la mer était à 100 m au-dessous
du niveau actuel, à cause de l'importante quantité
d'eau immobilisée dans les glaciers. Le
volume total des glaces accumulées alors sur les
continents a atteint plus du double du volume actuel des
calottes du Groenland et de l'Antarctique réunies.
Toute cette eau stockée sous forme de glace provoqua,
au maximum de la glaciation, un abaissement du niveau
de la mer d'environ 120 m par rapport au niveau actuel.
Avec un tel reflux des mers, le tracé des lignes
de côtes était fort différent de celui
que l'on connaît aujourd'hui. La Grande-Bretagne
n'était pas une île et le détroit
de Béring exondé permettait le passage des
hommes et des animaux entre l'Asie et l'Amérique.
Cliquez
pour voir le retrait de la nappe de glaces en Amérique
du nord.
Sous nos latitudes, des conditions climatiques
bien différentes s'étaient établies.
Dans des paysages proches de ceux de la Laponie actuelle
avec des températures plus froides d'environ 10°C,
des troupeaux de rennes proliféraient et permettaient
une subsistance aisée aux chasseurs de la préhistoire.
Cliquez
pour voir l'évolution de la circulation
thermohaline suivant le retrait de la nappe de Glace.

Evolution des températures
ces 900_000 dernières
années. Les tirets
en pointillés représentent la moyenne de la
Terre actuelle (15°C)
Des variations lentes de l'ensoleillement
marquent également le climat des régions
tropicales. Il y a 6_000
à 8_000 ans, par exemple,
le Sahara connaissait une période pluviale marquée.
En plein cur du désert actuel coulaient des
rivières et vivaient des populations nomades. En
témoignent de nombreuses peintures rupestres, des
ossements d'éléphants, de girafes et même
d'hippopotames, ainsi que des sédiments déposés
au fond d'anciens lacs, complètement asséchés
aujourd'hui.
Ainsi, suivant le rythme de précession
des équinoxes, tous les 20_000
ans environ, les pluies de moussons en Afrique et en Inde
s'intensifient : les étés plus chauds favorisent
la pénétration d'air marin sur les continents
et permettent d'apporter des pluies dans des régions
arides d'aujourd'hui.
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